Acoustique et thermique: chaleureuse soirée au Palais de la Découverte
Le 1er Décembre 2009, Ecophon a eu le plaisir de réunir une soixantaine d’invités au Palais de la Découverte à Paris, sous le thème « La tête dans les étoiles ». La soirée était consacrée à la correction acoustique des bâtiments à régulation thermique par inertie de dalles, avant d'enchaîner sur des expérimentations pédagogiques et ludiques au Palais de la Découverte, pour finir sur un buffet convivial.

Ill: croquis de principe de la surventilation nocturne
Correction acoustique des bâtiments à régulation thermique par inertie de dalles.
Le principe est que la structure du bâtiment, et notamment la sous-face des planchers est laissée découverte pour être refroidie pendant la nuit, grâce à un courant d'air transversal au bâtiment. C’est ce que l’on appelle la surventilation nocturne. Pendant la journée, la dalle redonne de sa fraicheur à la pièce.
Cette technique interdit bien entendu l’usage du traditionnel faux-plafond suspendu, déployé de mur à mur (ce que l'on appelle acoustiquement un plafond à plenum fermé). L'acoustique des bâtiments à inertie de dalle doit être traitée en intégrant des éléments absorbants flottants ne faisant pas écran au transfert d'énergie entre la sous-face de la dalle et la pièce. Ces éléments flottants seront complétés par des panneaux muraux absorbants.
La première heure était consacrée à la présentation de rapports d’essais en laboratoire sur l’influence des solutions acoustiques flottantes sur l’échange thermique ainsi que des mesures de caractérisation de la performance acoustique au moyen de l’aire d’absorption équivalente. On en retiendra qu’avec un plafond couvrant environ 45% de la surface de la pièce, on constate une « perte » d’effet thermique de 15 à 20 % par rapport au potentiel de rafraîchissement de la sous face de dalle nue. On peut donc avancer l’hypothèse que la réduction de la part « rayonnement » de l’échange thermique est inférieure au taux de couverture du plafond. Ceci ajouté à l’importance constatée des déplacements d’air dans la chambre de mesure laisse penser que la part de rayonnement est inférieure à la part de convection dans l’échange thermique entre sous face de dalle et pièce. Une étude du cabinet Peutz aboutit à des conclusions similaires.
Performance d’absorption acoustique
Quoiqu’il en soit, la performance d’absorption de solutions flottantes telles que le Master Solo est difficilement présentable sous forme d’un coefficient d’absorption. La performance acoustique des éléments flottants est présentée par leur Aire d’Absorption Equivalente. A cela deux raisons : tout d'abord, on apporte à la pièce un nombre entiers d’éléments flottants, et non un nombre de m2. L’autre raison étant que cette mesure est la seule à même d’intégrer l’absorption par la face supérieure du panneau. Une campagne de mesure de l'Aire d’Absorption Equivalente, portant sur 22 configurations différentes en termes de nombre de panneaux mesurés, de hauteur de plénum, d’écartement entre panneaux a été présentée.
60% ≈ 100%
Une application simplifiée des résultats de performances en laboratoire conduit à dire qu'en couvrant l’équivalent de 60% de la surface d’une pièce avec des Master Solo S, on y crée des conditions d’absorption comparables à celle de la même pièce couverte d’un plafond (à plénum fermé) fait du même matériau. Cette application simplifiée a été confirmée par des mesures acoustiques in situ (Ex : Aegis Media, Courbevoie). Voir aussi article sur le sujet dans Office et Culture n°11, Mars 2009)
Dialogue, concertation, intégration et coordination
En tout état de cause, concilier acoustique et thermique suppose dialogue et coordination en conception. Acousticien, thermicien et bureau d’études HQE doivent échanger et évaluer ensemble différentes orientations. Parfois même, un arbitrage de la part du maître d’ouvrage peut être nécessaire, notamment entre des fonctionnalités incompatibles. Par répercussion, les industriels et les entreprises sont amenées à se parler en amont du chantier, pour discuter de contraintes techniques inédites dans le phasage du projet ou encore de l’intégration de luminaires et de systèmes de détection dans les éléments flottants, etc. On peut citer par exemple le rapprochement entre Philips et Ecophon, concrétisé par l'article publié dans le numéro 14 d'Office et Culture, daté de décembre 2009.
Retours d'expérience
La deuxième partie de cette session a porté le retour d’expérience de trois projets actuels: 6NERGY+ à Toulouse, Solaris à Clarmart et Mediacom3 à Saint-Denis.
6NERGY+
6NERGY+, représenté par le maître d’ouvrage et maître d’œuvre acousticien René Gamba, du bureau d’études Gamba et Associés. Le bâtiment a été inauguré le 15 Décembre 2009 en présence de plus de deux cents personnes.

Ill. Bâtiment 6NERGY+: éléments acoustiques flottants Ecophon Master Solo S et luminaire Philips Rotaris et Arano sous dalle béton nue.
Solaris, représenté l’architecte François La Fonta, de l’agence Architecture et Environnement.
Mediacom3, représenté l’acousticien de maîtrise d’ouvrage Maud Serra, du bureau d’études Peutz.
Expériences ludiques et pédagogiques
La soirée s’est poursuivie aux stations d’électrostatique et d’acoustique du Palais de la Découverte. Bon exemple de présentation ludique d’un contenu scientifique. Une invitation à nous tous à être encore plus pédagogues !
Enfin la soirée s’est achevée par un buffet dinatoire, dressé entre cinq ateliers, à côté du Couloir Acoustique inauguré au printemps. Ces ateliers portaient sur le Master Solo S, le Wall Panel Texona, le Focus Ds, les solutions acoustiques pour bureaux flexibles tramés (isolation, absorption, connexion cloison-plafond et 1350 x 600) et la démarche HQE.
En accompagnement, Christian Hugonnet, président de "La Semaine du Son", nous a parlé de l'édition 2010 ce après quoi Tango Cuivré est entré sur scène...
Merci à tous pour cette très belle soirée!